C'est officiel : le Royaume-Uni a activé l'article 50 et s'apprête à quitter l'Europe. Pour la première fois depuis son entrée en 1973, Londres choisit donc de rompre avec une stratégie qui lui a pourtant plutôt réussi : celle du « un pied dedans, un pied dehors ». Lors d'un meeting à Cannes lundi dernier, j'ai été amené à en parler avec d'autres collègues, et tout le monde s'entendait sur un point : les négociations entre l'Europe et l'Angleterre s'annoncent complexes. En fait, un accord est loin d'être certain, parce que le sujet est bien plus complexe qu'on ne le pense. La première ministre Theresa May plaide en faveur d'un accord de libre-échange avec l'UE, disant vouloir « le plus grand accès possible au marché unique ». Le problème, c’est que le marché unique inclut la libre circulation des biens, mais aussi celle des services, des personnes et des capitaux. Pour ma part, je doute que Bruxelles et Londres parviennent à s'entendre en si peu de temps. Mais dans ce cas de figure, comment les choses évolueront ? Eh bien, fin mars 2019, si aucun accord n'est trouvé, le Royaume-Uni sera purement et simplement rejeté du cercle européen. C’est le drame décrit régulièrement par les médias, qui remettrait au goût du jour des douanes pour les produits de consommation comme pour les personnes et bloquerait ainsi tous les mécanismes existants. Une telle complication est perçue comme dramatique par les experts, et ce à la fois pour les Britanniques et les continentaux. Pour autant, la première ministre agite la menace en répétant que mieux vaut pas d'accord qu'un mauvais accord. L'Europe ne prend pas ces attaques au pied de la lettre, cela dit : elles sont en fin de compte assez prévisibles à l'ouverture de tractations, lorsque les parties s'évertuent à s’intimider l'une l'autre pour obtenir gain de cause. Et puis, Bruxelles mise également sur un fait : que la pression exercée par les entreprises sera telle qu'elle va inciter les britanniques à s'entendre avec l'Europe. Le 29 avril, les dirigeants européens se réuniront au cours d'un sommet sans Theresa May, le Première ministre britannique. Les 27 vont "adopter les orientations de négociations pour les discussions du Brexit", selon le président du Conseil européen Donald Tusk. Quoi qu'il en soit, j'ai été séduit par ce meeting. Voici l'agence qui s'en est chargé, si vous voulez jeter un oeil. Je vous laisse le lien vers le site spécialiste du séminaire entreprise à Cannes.