Au-delà du potentiel de croissance économique qu’elle représente, l’IA est source d’innovation sous toutes ses formes. Si l’innovation technologique portée par l’IA en constitue sans doute l’effet le plus spectaculaire, elle va de pair avec une innovation dans les usages, services et produits, les modèles économiques, les modèles marketing et commerciaux, les modèles d’organisation, et bien sûr avec une innovation sociale (voir « Guide Innovation nouvelle génération », BPI-FING, janvier 2015). L’Intelligence Artificielle est véritablement porteuse de transformations profondes de ces différentes dimensions. Le cas du véhicule autonome en est un exemple parlant. Outre la prouesse technologique qui permet à une voiture de rouler sans conduction humaine, c’est une innovation qui va modifier en profondeur notre rapport à la mobilité et bouleverse déjà les secteurs du transport de marchandises et de personnes. Les services publics de transport en commun pourraient ainsi être complétement transformés d’ici quelques années. On imagine aussi le développement de nouveaux services sociaux destinés aux populations les plus fragiles (personnes à mobilité réduite, personnes âgées dans des zones géographiques isolées) s’appuyant sur ces véhicules. En bref, l’innovation – et a fortiori l’innovation apportée par l’IA – est loin de n’être que technologique. Parallèlement, la multiplication des objets connectés, des services personnalisés et des outils d’analyse de données, etc., pointe de plus en plus fortement la nécessité que le développement de l’IA s’accompagne d’une vaste réflexion collective pour qu’elle puisse réellement constituer un progrès pour tous. A l’échelle d’un usage particulier, et pour reprendre le cas régulièrement cité du véhicule autonome, des questions critiques sont posées : en cas d’accident en mode de conduite autonome, comment déterminer les responsabilités des parties prenantes (conducteur, constructeur, équipementier, etc.) ? Ou encore, en cas de collision inéluctable impliquant soit un groupe de piétons, soit un autre véhicule, quelle décision sera appliquée par l’intelligence artificielle embarquée ? Plus généralement, l’impact de l’IA sur l’emploi est une des sources principales d’inquiétude. La plupart des études montrent qu’une proportion significative des emplois actuels pourrait être automatisée à un degré plus ou moins important. Elles illustrent également la difficulté d’établir des prévisions qui fassent consensus et une certaine incertitude quant au nombre et aux types d’emplois qui seront créés. Les experts s’accordent en revanche pour considérer que l’IA va transformer profondément les métiers et les activités dans les années à venir. A titre d’exemple, le cabinet de conseil McKinsey estime que 60 % des emplois actuels comprennent 30 % d’activités automatisables à une échéance de 20 à 40 ans. En conséquence, les experts insistent sur l’importance de couvrir les nouveaux besoins en formation initiale et tout au long de la vie.